Montréal, 2017 – Os de la lune

Montréal, 10 octobre 2017 – « Os de la lune » est le titre de la plus récente série des œuvres du peintre Khosro Berahmandi qui seront exposées à la galerie MEKIC du 11 novembre au 22 décembre 2017. S’inscrivant entièrement dans la continuité stylistique adoptée par cet artiste depuis plusieurs années, elle demeure fidèle au langage pictural qui a bâti sa renommée, constitue sa marque et retient immanquablement l’attention des publics.

L’exposition proposera deux volets. Le premier s’inscrit dans un processus créateur qui prend naissance lors d’un moment d’inspiration et s’imprègne librement de l’imaginaire de l’artiste. La présence d’éléments géométriques, d’animaux et de créatures irréelles, dont la récurrence, par ailleurs, n’est pas fortuite, est ici le résultat d’une envolée conceptrice qui laisse entremêler figuration et abstraction sans aucune cloison formelle. En outre, l’expressivité picturale y est accentuée par une palette de couleurs vives et un coup de pinceau et de crayon fin et précis.

Le second volet, quant à lui, s’inspire de la poésie de Forough Farrokhzad,considérée comme la plus grande poétesse iranienne moderne. Il n’est pas étonnant que l’artiste consacre ici une série de ses œuvres à cette grande figure de la littérature moderne. Connu par son esthétique raffinée et sa technique parfaitement maîtrisée, Khosro Berahmandi est également réputé pour sa sensibilité au mot écrit qui, qu’il soit ludique, lyrique ou transcendantal, demeure intrinsèquement lié à son art.

Cette passion pour les belles lettres en général et pour la poésie en particulier a toujours su éloigner encore davantage son art de la banalité du quotidien et avec cette exposition l’amène à rendre hommage et à célébrer solennellement la disparition de cette poétesse iranienne dont les vers continuent de résonner et d’inspirer. Soulignons enfin que plusieurs œuvres de l’exposition « Os de la lune » seront publiées cet automne par les éditions Noroît dans le livre de poésie deForough Farrokhzad traduit du persan par Bahman Sadighi.

Vernissage : le vendredi, 10 novembre 2017,  de 18h – 21h

– 30-

Exposition à la galerie MEKIC, du  10 novembre au  22 décembre, 2017

Mardi au  vendredi de 12h  à 18h, samedi et dimanche de 12h à 17h

4438, rue de la Roche, Montréal

Information: (514) 373 5777,  info@mekic.ca

www.mekic.ca

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À la chasse d’invisible! Hunting the invisible!

 

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Os de la lune

Du 10 novembre au 22 décembre 2017
Galerie MEKIC, Montréal
Moon’s Bone
From November 10 to December 2017
MEKIC Galery, Montreal

 

English translation bellow

Peindre mène à la quête de l’invisible. La chasse s’amorce dans la tête du peintre pour finir sur tes paupières. Le peintre suit la trace de sa proie. Il condense ses yeux sur elle, et soudain, il s’y perd. Ainsi l’atelier devient un terrain de chasse. Quant au peintre, il devient la proie elle-même, et là, l’invisible chasse ses pupilles!

Au coin gauche de mon atelier, il y a une savane bleue au fond de laquelle se trouve un cimetière blanc. Chaque midi, au coin gauche de cette savane, apparaît une girafe rouge qui me piège, et au croisé de nos regards, elle s’évade brusquement dans les tombes. Chaque minuit, elle réapparaît dans mon sommeil et je me vois dormir dans ses yeux.

Les nuits chaudes d’été règnent sur mon œuvre. Les orages mouillent la surface de ma toile, le temps y croît et un coup de foudre violet descend sur la tête de la girafe rouge. Les yeux étincelants, la bête tourne sa tête vers moi et demande : toi, l’homme, que fais-tu ici? Mes yeux deviennent ses oreilles : je viens ici pour chasser l’invisible. La girafe éclate de rire!

Au coin droit de mon atelier, il y a une pouponnière verte, au pied de laquelle il y a un puits dans lequel habite un oiseau noir qui se veut l’œil du puits. Chaque minuit, il apparaît sur ma tête et anime mes pensées.

Le nord de mon atelier, c’est là où ton iris demeure.

Autour de tes yeux, mon regard s’endort, et je pars à la chasse dans le sud de mon atelier.

Khosro Berahmandi

Painting leads to the quest of the invisible. The hunt begins in the mind of the painter to finish in the eye of the viewer. The painter traces the prey. The painter sets his sights on his prey, and suddenly is lost within the hunt. The painter’s studio is a hunting ground. In this space between hunter and prey the invisible seeks out the hunter’s eyes. The hunter is now the hunted!

In the left corner of my studio, I see a blue savannah at the end of which lies a white cemetery. Every noon, in the left corner of this savannah, appears a red giraffe which captures me. In the moment our eyes meet, she suddenly escapes into the tombs. Each midnight, she reveals herself to me in my sleep, and I see myself sleeping in her eyes.

The hot summer nights reign over my work. Storms saturate the surface of my canvas, time grows upon it, and purple lightning strikes the head of the red giraffe. With eyes ablaze, the beast turns her head towards me and demands: you, human, what are you doing here? My eyes become her ears and I say: I come here to hunt the invisible. The giraffe bursts into laughter!

In the right corner of my studio, there is a green nursery, at the foot of which there is a well in which lives a black bird who desires to be the eye of the well. Each midnight she appears over my head and animates my thoughts.

In the north of my studio, your iris resides. Around your eyes, my gaze rests, and I go hunting in the south of my studio.

Khosro Berahmandi

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