Biographie 

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Cette présentation de Khosro et son œuvre est écrite par le critique d’art Rajath Suri. 

L’artiste multidisciplinaire Khosro Berahmandi, d’origine iranienne, arrive au Canada en 1983 à l’âge de 22 ans. Il vit et travaille actuellement à Tiohtia’ke – Montréal. Khosro a d’abord étudié les arts visuels à l’Université Concordia à Montréal puis à l’Université Paris VIII. Artiste prolifique et de renom, il a réalisé plus de cinquante expositions collectives et individuelles à ce jour, dans le cadre de projets réalisés au Canada, en Europe et aux États-Unis. Il est également le directeur artistique du Festival Accès Asie, un évènement montréalais qui honore le Mois du patrimoine asiatique au Canada (mois de mai) et célèbre les arts et cultures asiatiques grâce à la contribution de diverses communautés asiatiques et de leurs artistes. 

L’art de Khosro Berahmandi incarne une singularité microcosmique, dérivée d’une mythologie personnelle faisant écho à l’approche picturale de l’iconographie de la peinture miniature indo-iranienne du 12e siècle au 14e siècle. Sa trajectoire créative délimite une esthétique exquise incarnée dans le labyrinthe perpétuel d’êtres agrégés et énigmatiques, un « bestiaire » semi-figuratif qui interpelle et fascine le regard des spectateurs, car les aspects esthétiques prédominants nés de l’eurocentrisme pâlissent en contraste avec ses innovations signataires dans le leitmotiv, le symbolisme poétique et robustesse de composition individuelle. Les séries successives, qu’elles soient sur bois ou sur papier, évoquent la qualité sublime d’une mythologie personnelle qui dépasse l’iconographie conventionnelle. Les œuvres ont un attrait universel dans leur ambiguïté de référence immédiate, comme si elles faisaient écho à un texte perdu une fois parlé et maintenant chuchoté.

Dans les rendus de son imaginaire poétique, l’artiste gravite, physiquement et psychiquement, dans le détail: la minutie du trait, l’intensité de la composition et la proximité de la matière. Un détail qui exprime une ascension spirituelle simultanée vers un augure intuitif du sacré avec l’anonymat d’un chaman silencieux. Une fois connectés aux images de Khosro, nous rencontrons soudain une cosmologie personnelle qui s’est avérée être l’itinéraire visuel d’un voyage possédé de lui-même, un affluent qui s’est profondément inspiré de diverses convergences, intersections et sources.

L’exil de quatre décennies de son Iran natal, où il n’est jamais retourné depuis, peut suggérer l’itinérance d’un individu sensible et serein, quelque part dépossédé. Pourtant, sans diaspora ni nostalgie, l’artiste s’est engagé dans un chemin individuel d’errance qui le conduit vers l’image de ce qui devient son propre territoire.

Ses créations témoignent en silence de la réalité singulière et subjective prise à bras le corps, intemporelle et résonnante avec des composants visuels de thèmes universels. Elles suggèrent, par des spéculations lucides, qu’à mesure que l’iconographie échoue et que l’historicisme de l’art s’effondre, nous pourrions nous rapprocher d’une réalité qui réconcilie l’animal et le végétal avec l’humain.

La cartographie cachée dans les compositions denses mais brillantes de Khosro Berahmandi fait écho aux fils éternels tandis que se tisse l’étoffe de son cosmos sublime singulier où règnent ses pinceaux.

This presentation ofKhosro’s and his work is written by the art critic Rajath Suri

The multidisciplinary artist, Khosro Berahmandi, of Iranian origin, arrived in Canada in 1983 at the age of twenty-two. Khosro lives and works in Tiohtia’ke – Montreal.Khosro studied Visual Arts at the University of Concordia in Montreal and the University of Paris VIII. He is a distinguished and prolific artist accomplishing over fifty group and solo exhibitions throughout the past three decades. His career has encompassed projects held in Canada, Europe, and the United States, with an accent upon interdisciplinary creation concerted with an international contingency of artists. He is equally the Artistic Director of the Festival Accès Asie, a Montreal based initiative which honors the Asian Heritage Month in Canada and celebrates the contribution of diverse Asian communities and their artists within the cultural milieux of Montreal.

The art of Khosro Berahmandi enacts a microcosmic singularity, one derived from a personal mythology, that echoes the pictorial approach of the iconography of Indo-Iranian miniature painting  that constitutes a captivating and prodigious trial within the field of contemporaneous practice. His creative trajectory demarcates an exquisite aesthetic embodied in the perpetual labyrinth of aggregate and enigmatic beings, a semi-figurative “bestiary” which both challenges and fascinates audiences, as predominant aesthetic aspects born of Euro-centrism pale in contrast with his signatory innovations in leitmotif, poetical symbolism, and individual compositional strength.

The successive series, whether on wood or paper, evoke a transcendent quality, a personal mythology which exceed conventional iconography.  The works hold a universal appeal in their ambiguity of immediate reference, as if they echo a lost text once spoken and now whispered.

The renderings of the poetical imaginary, a sojourn where the artist gravitates, physically and psychically, upon detail: the minutiae of line, intensity of composition and proximity of material. A detail which voices a simultaneous spiritual ascent towards an intuitive augury of the sacred with the anonymity of a silent shaman.  Once connected to Khosro’s images, we suddenly encounter a personal cosmology which has proven to be the visual itinerary of a voyage possessed of itself, a tributary which has drawn deeply from diverse convergence, intersections, and sources.

The four decade’s long exile from his native Iran, where he never since returned, may suggest the wandering of a sensitive and serene individual somewhere dispossessed. Yet, without diaspora or nostalgia, the artist has embarked on an individual errant path that leads him towards an image that becomes his own territory. His creations silent testament to the singularity and subjectivity reality embraced, extemporal and resonant with visual composites of Universal themes.  They suggest, with lucid speculation, that as iconography fails and art-historicism collapses, we might draw nearer a reality that reconciles the animal and the vegetal with the human.  The charted map hidden in the dense yet lustrous compositions of Khosro Berahmandi echo with eternal threads while are woven of the fabric of his singular sublime cosmos wherein his brushes reign.